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Compte gratuit
Tranche d’âge
9–10 ans
Langue
Français
Détails du livre
35 pages
Liste des chapitres et structure
7 chapitres
Format
Texte seul

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Livre exemple

Le pluviomètre de Louis

Résumé de l’histoire

Pendant une semaine, Louis et Margot mesurent la pluie sur le balcon ; quand l'orage annoncé tombe sur les collines d'en face, il leur reste un zéro honnête.

Premier chapitre gratuit

La bouteille en plastique

Les ciseaux accrochèrent le plastique, puis glissèrent d'un coup. Louis coupa le haut de la bouteille et le retourna. Il enfonça la partie coupée dans le bas de la bouteille, comme un entonnoir.

La table de la cuisine était couverte de papier journal. Sa mère l'avait exigé, parce qu'il restait encore sur la table une tache de colle du devoir du mois dernier. C'était une bouteille d'eau de deux litres, à fond plat. Louis avait arraché l'étiquette dans l'après-midi. La trace collante qu'elle avait laissée lui collait aux doigts et soulevait les coins du journal.

Le devoir était simple : noter la météo pendant une semaine. Madame Perrin l'avait écrit au tableau aujourd'hui, en grosses lettres. Chaque binôme installerait sa propre station, noterait chaque jour ses mesures dans un cahier et présenterait le tout à la classe vendredi prochain. Louis ne savait pas encore avec qui il serait. La maîtresse annoncerait les binômes demain.

En classe, tout le monde s'était mis à parler en même temps. Quelqu'un avait dit qu'il fabriquerait une girouette, quelqu'un d'autre qu'il achèterait un thermomètre. Madame Perrin avait projeté au tableau la photo d'une vraie station météo. Il y avait des poteaux blancs, de petites coupelles et un seau en métal posé haut au-dessus du sol. C'était ce seau que Louis avait regardé le plus longtemps. Il s'appelait un pluviomètre. Sur le chemin du retour, Louis n'avait pensé qu'à lui.

Louis appuya encore un peu sur l'entonnoir. Le plastique craqua, puis se mit en place. Le bord coupé était tranchant ; il lui égratigna légèrement le bout du pouce. Sa mère baissa le feu sous la bouilloire et vint près de lui. Ensemble, ils enroulèrent du papier collant autour du bord coupé, tour après tour.

« Maintenant, elle a l'air moins dangereuse, dit sa mère.

— Elle a l'air moins cool aussi », dit Louis.

Sa mère rit et ne dit rien. Dans la cuisine, l'odeur du thé se mêlait à l'odeur piquante du plastique. Louis prit la bouteille à deux mains et la fit tourner. L'entonnoir bougeait un peu, mais il ne tombait pas.

Mais Louis pensait moins au devoir qu'à un seul chiffre. Sur le téléphone, l'appli météo montrait la semaine suivante, jour après jour. Lundi, il y avait un petit soleil ; mardi, un nuage ; mercredi, encore un nuage. Au-dessus de jeudi, en revanche, flottait un gros nuage violet. Dessous, il y avait trois éclairs et, en grosses lettres, « 90 % ».

Louis tira l'écran vers le bas pour actualiser. Le chiffre ne bougea pas. Il recommença, puis recommença encore. À la troisième fois, il n'avait toujours pas changé.

« Quatre-vingt-dix pour cent, dit-il à voix haute. C'est presque sûr. »

Son père l'appela depuis le salon : « Qu'est-ce qui est presque sûr ?

— Jeudi, il y a un orage. Ma bouteille va être pleine à ras bord. »

Son père vint jusqu'à la porte de la cuisine et remonta ses lunettes sur son front. « C'est une prévision à une semaine. D'ici jeudi, il passera beaucoup de nuages.

— Mais c'est quatre-vingt-dix pour cent.

— Quatre-vingt-dix pour cent, c'est une prévision, dit son père. Le ciel ne lit pas l'appli. »

Louis haussa les épaules. Dans sa tête, l'exposé avait déjà commencé. Il se tenait devant le tableau, avec dans les mains une bouteille pleine à ras bord. La classe s'était tue. Au fond, quelqu'un demandait : « Il a plu autant que ça ? » Et Louis hochait la tête, comme un vrai scientifique.

Il leva la bouteille vers la lampe de la cuisine. La lumière traversa le plastique et dessina une ombre froissée sur le journal. La bouteille était vide. Tant pis. Jeudi, elle se remplirait.

Et si l'orage renversait la bouteille ? Louis y pensa aussi. Il mettrait quelque chose de lourd à sa base. Une pierre, peut-être, ou un petit sac de sable. Il garda ce problème pour plus tard.

Dans l'appli, il appuya sur jeudi. Une liste heure par heure s'ouvrit. La pluie commençait à trois heures de l'après-midi et s'arrêtait à six heures du soir. À côté du vent, il y avait une petite flèche qui pointait vers l'est. Louis ne regarda pas la flèche. Ses yeux revenaient toujours à ce quatre-vingt-dix pour cent.

Au dos de la feuille du devoir, il y avait un dessin. Une bouteille coupée, un entonnoir à l'envers et, à côté, une règle bien droite. Dessous, deux lignes de la belle écriture ronde de Madame Perrin.

« L'ouverture de l'entonnoir doit être aussi large que la bouteille. Alors, la hauteur d'eau dans la bouteille sera égale à la hauteur de pluie tombée sur le sol. »

Louis la lut deux fois. À la première lecture, il ne comprit rien. À la deuxième, il posa la feuille à côté de la bouteille et regarda le dessin.

Il se demanda ce qui se passerait si ce n'était pas la même largeur. Un entonnoir large ramasserait beaucoup plus de gouttes pour une bouteille étroite. L'eau monterait vite dans la bouteille, même si la pluie tombée du ciel restait la même. Alors le chiffre mentirait. Cette idée fit un peu rire Louis. Personne ne penserait à une triche pareille, sans doute. L'entonnoir ne multipliait pas l'eau. Il ramassait seulement les gouttes qui tombaient et les empêchait de s'échapper. Tant que l'ouverture et la bouteille avaient la même largeur, un millimètre de pluie ferait un millimètre d'eau dans la bouteille. Il regarda sa propre bouteille. L'entonnoir, c'était le haut de la même bouteille. La largeur était la bonne.

Il sortit du tiroir le ruban adhésif transparent et sa règle en plastique de trente centimètres. Il y avait une vieille tache d'encre sur la règle, juste à côté du quinze. Il dressa la règle contre la bouteille.

Le bout du ruban adhésif se recourba et se colla sur lui-même. Louis essaya de le décoller avec l'ongle, le déchira et recommença. La deuxième fois, il se recourba encore. La troisième fois, il resta à plat. Cette fois, Louis tint la règle sans la bouger d'un millimètre et fit trois tours de ruban autour de la bouteille.

Pendant qu'il enroulait le ruban, il tenait la bouteille en l'air. La règle glissa un peu vers le bas et crissa doucement sous le ruban. Louis vérifia que le ruban était bien à plat. Il était bien à plat, sans une seule bulle.

Quand il posa la bouteille sur la table, elle pencha légèrement sur le côté. Louis pensa que c'était à cause de l'épaisseur du ruban. Il glissa une serviette en papier pliée dessous, et la bouteille se redressa.

Les chiffres de la règle grimpaient maintenant le long de la bouteille. Un, deux, trois centimètres. Entre chaque centimètre, il y avait dix petits traits fins. Louis se pencha vers les traits du bas. Un millimètre, ce n'était presque rien. Ce n'était même pas la taille d'une fourmi. Il se demanda combien de ces traits l'eau recouvrirait jeudi.

Ensuite, il posa la bouteille au milieu de la table et s'assit en face. Il croisa les bras et l'examina comme un ingénieur. Elle penchait un peu, et elle était un peu froissée. À un endroit, le papier collant du bord coupé se soulevait. Mais elle tiendrait l'eau.

Il voulut quand même en être sûr. Il remplit un verre au robinet et le versa doucement dans l'entonnoir. L'eau fit un tour dans l'entonnoir, puis coula goutte à goutte par l'ouverture étroite. Elle s'accumula au fond et se balança doucement. Louis passa le doigt tout autour de la bouteille. Rien ne fuyait nulle part. Le journal, dessous, resta parfaitement sec.

« Elle est étanche », dit-il à son père.

Son père prit la bouteille, la leva vers la lumière et la tourna d'un côté, puis de l'autre. « Du travail solide », dit-il en la lui rendant.

Louis vida l'eau dans l'évier. Il sécha l'intérieur de la bouteille avec un torchon ; il enfonça le coin du torchon dans l'ouverture étroite de l'entonnoir et le tourna deux fois. Puis il ouvrit son cahier. Tout en haut de la première page, il écrivit « Cahier météo ». Dessous, il écrivit son nom, et à côté, il traça une ligne. Rien ne fut écrit sur la ligne. Demain, le nom de son binôme irait là.

Les pages du cahier étaient à petits carreaux. Louis compta les carreaux, puis arrêta de compter. Il déciderait comment partager la page une fois la station installée.

Ils rangèrent la table. Ils plièrent le journal et le jetèrent dans la poubelle de recyclage. Les chutes de plastique, les morceaux tordus de l'étiquette et les bouts déchirés du ruban adhésif partirent avec le journal. La table de la cuisine redevint vide et brillante. Il n'y avait plus que la bouteille, au milieu.

Sa mère se pencha vers la bouteille et regarda la règle. Elle posa le doigt sur le bas de la règle, au niveau de la serviette. « Le zéro est là, dit-elle.

— Les règles commencent toujours à zéro », dit Louis en riant. Sa mère rit aussi et alla ramasser les tasses de thé.

Louis fit encore tourner la bouteille. Vus de derrière, les chiffres de la règle paraissaient à l'envers, comme une écriture dans un miroir. Ça lui plut. Pendant l'exposé, il tiendrait toujours la bouteille dans l'autre sens, avec les chiffres tournés vers la classe.

Avant d'aller se coucher, Louis emporta la bouteille dans sa chambre. Il la posa sur l'étagère devant la fenêtre, à côté de ses livres. Il glissa de nouveau la serviette dessous.

Il regarda dehors. Le ciel était dégagé. Au-dessus du toit de l'immeuble d'en face, on distinguait deux étoiles, et un peu plus loin, la lumière clignotante d'un avion. Le réverbère peignait le trottoir en jaune. Il n'y avait pas un souffle de vent. Les feuilles de l'arbre, sur le trottoir, ne bougeaient pas.

Louis entrouvrit la fenêtre. L'air frais lui effleura le visage. Il n'y avait aucune odeur de terre mouillée, seulement celle des gaz d'échappement et un reste d'odeur de pain de la boulangerie. Il referma la fenêtre.

Louis ralluma le téléphone une dernière fois. Jeudi était toujours violet, toujours à quatre-vingt-dix pour cent. Il éteignit l'écran, brancha le téléphone pour le recharger et le retourna face contre la table.

Sur l'étagère, la bouteille luisait doucement dans la lumière du réverbère. Le papier collant, sur le bord coupé de l'entonnoir, faisait une petite ombre sur la vitre. Dans le noir, on ne pouvait pas lire les chiffres de la règle. On devinait seulement les traits blancs, comme les marches d'un escalier.

Louis remonta son drap jusqu'au menton. De la cuisine venait le ronronnement du lave-vaisselle, et du salon, le bruit des pages du livre de son père. À l'étage du dessus, une porte se ferma, puis tout devint silencieux. Demain, à l'école, il saurait qui serait son binôme. Lundi, il commencerait à mesurer. Et jeudi, la bouteille se remplirait.

Il pensa à sa propre station. Dans les vraies stations, le seau était posé haut au-dessus du sol, et il n'y avait aucun mur autour. Chez Louis, il n'y avait pas de jardin. Mais il y avait un balcon. Un coin du balcon était plus dégagé que l'autre côté de l'immeuble. Il irait voir dimanche.

La chambre était fraîche. Les radiateurs n'étaient pas encore allumés, octobre venait à peine de commencer. Sous le drap, Louis frotta ses pieds l'un contre l'autre et attendit qu'ils se réchauffent.

Un instant, il imagina la bouteille en train de se remplir. L'eau montait lentement et recouvrait les traits de la règle un à un. Puis cette pensée ralentit, elle aussi. Louis se tourna sur le côté, le visage vers la fenêtre, et respira plus lentement en regardant la fine ombre de la bouteille.

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Ce que ce livre apporte

Cet exemple travaille une seule valeur de développement choisie pour sa tranche d’âge en sept chapitres : d’abord la reconnaissance, puis des exemples concrets, un petit choix, un contretemps et sa réparation, et une fin apaisée. Chaque livre du programme suit la même forme.

Le plan des sept soirs

Chaque chapitre est un soir et s’ouvre à l’heure de la famille ; un soir manqué allonge la semaine, aucun chapitre n’est perdu.

  1. 1RencontreOn fait connaissance avec le héros et l'idée de la semaine.
  2. 2Autre facetteL'idée montre une nouvelle facette.
  3. 3EssaiLe héros essaie l'idée à sa façon.
  4. 4Deux cheminsUn choix, ou un autre point de vue.
  5. 5Petit contretempsLe plan ne marche pas ; le prix reste limité et le chapitre se termine en douceur.
  6. 6RéparerUne solution se trouve ; demander de l'aide en est une aussi.
  7. 7AncrageL'idée de la semaine trouve sa place.

Sa place dans le programme

Les thèmes du programme 9–10 ans viennent dans un ordre fixe ; ce livre montre à quoi ressemble une semaine de cet ordre. Voyez la vraie première semaine et la séquence sur la page du programme.

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Poursuivre à la maison

Trois questions à poser après le dernier chapitre :

  • Qu’est-ce qui a été le plus dur pour le héros ? Qu’aurais-tu fait ?
  • T’est-il arrivé quelque chose de semblable aujourd’hui ?
  • Trouvons-nous demain un petit moment pour essayer ?

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Structure

Liste des chapitres et structure

  1. 01

    Chapitre 1

    Gratuit — lire
  2. 02

    Chapitre 2

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  3. 03

    Chapitre 3

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  4. 04

    Chapitre 4

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  5. 05

    Chapitre 5

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  6. 06

    Chapitre 6

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  7. 07

    Chapitre 7

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